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CHILD❊LIGHT

Voyage en terre d'enfance humaine

Être parent

Ce texte est extrait du livre : Être parent en pleine conscience, par Myla et Jon Kabat-Zinn (Pocket).

Quand nous devenons parents, délibérément ou par hasard, toute notre vie est bouleversée, même s’il nous faut du temps pour comprendre à quel point. Le stress prend une ampleur insoupçonnée et nous rend vulnérables de mille manières nouvelles. Nous devons nous montrer responsables comme on ne nous l’avait jamais demandé.

C’est un défi sans précédent, qui accapare notre temps et détourne notre attention d’autres choses, notamment de nous-mêmes. C’est le désordre, l’anarchie, on se sent inadéquat, c’est une source de disputes, d’agacement, de bruit, d’obligations apparemment sans fin, d’innombrables occasions de se sentir pris au piège, furieux, blessé, accablé, vieux et sans importance. Cela dure tant que les enfants sont petits, mais peut aussi se prolonger quand ils sont adultes et lancés dans la vie. Avoir des enfants, c’est chercher les ennuis.

Alors pourquoi en avoir? Pete Seeger l’a bien résumé : « On fait ça parce que ça rapporte beaucoup… de bisous. » Les enfants nous permettent de profiter des palpitations de la vie comme jamais nous ne le pourrions s’ils ne faisaient pas partie de notre existence; Surtout quand les enfants sont jeunes, notre tâche de parent est d’être là pour eux, de les élever et de les protéger de notre mieux afin qu’ils soient libres de connaître l’innocence de l’enfance, tout en les guidant avec notre cœur pour qu’ils apprennent a trouver leur propre voie.

Les enfants incarnent ce qu’il y a de meilleur dans la vie. Ils vivent dans l’instant présent. Ils en sont la fleur exquise. Ils sont pur potentiel, ils ne sont que vitalité, renouveau et espoir. Ils sont purement ce qu’ils sont. Et ils nous font partager leur nature, ils la font ressurgir en nous, si nous savons en écouter l’appel.

Dès que nous avons des enfants, nous sommes en contact avec le reste de l’univers d’une manière tout autre. Notre conscience se modifie, elle passe d’une façon de voir à une autre. Bien plus qu’autrefois, nous nous sentons proches de l’espérance et de la souffrance des autres. Notre sphère de compassion tend à s’élargir. L’inquiétude pour nos enfants et pour leur bien-être nous fait porter un regard différent sur la pauvreté, l’environnement, la guerre et l’avenir.

Quant aux ennuis, voilà ce que répondait Zorba, le vieux héros dur à cuire du roman de Kazantzâkis, Zorba le Grec, quand on lui demandait s’il avait déjà été marié : «Ne suis-je pas un homme? Bien sûr que j’ai été marié. Une femme, une maison, des gosses, la catastrophe totale.» Il disait aussi : «Des ennuis? La vie est faite d’ennuis. C’est quand on est mort qu’on n’a plus d’ennuis. »

Au fond, nous faisons nos propres choix, consciemment ou non, et nous en supportons les conséquences. Malgré tout, nous ne savons jamais ce que l’avenir nous réserve. L’incertitude immanente est une partie essentielle de la catastrophe totale.

Une question se pose néanmoins : pouvons-nous apprendre à utiliser toutes les circonstances de la vie, même les plus pénibles ou les plus stressantes, pour grandir en force, en sagesse et en ouverture de cœur, tout comme un marin sait faire usage de toutes sortes de conditions pour propulser un bateau à voiles vers une destination particulière ?

Car notre propre croissance continue est une nécessité absolue si nous voulons être pour nos enfants des parents efficaces, afin qu’ils soient à l’abri et grandissent bien, à leur façon, à leur rythme.

Être parent en pleine conscience, sur Pocket.fr.